l’oratoire

Don Bosco, jeune prêtre, a visité les jeunes en prison. Il y a découvert des visages ravagés par le désespoir qui engendre l’angoisse, la tristesse ou la rage. Il a promis de faire tout ce qu’il pouvait pour qu’aucun jeune ne finisse là. C’est la conviction centrale de son système pédagogique qualifié fort justement de « préventif » : agir en amont, protéger le jeune, le meilleur moyen étant de lui faire des propositions attrayantes. Il a trouvé et formé des personnes qui approchent et accompagnent les jeunes, créé des lieux et des institutions qui favorisent la maturation humaine. Cela s’est concrétisé dans « l’oratoire » qui développe quatre dimensions :

Une cour de récréation

car les jeunes ont besoin de courir, sauter, crier, chanter, s’exprimer.

Une maison

qui assure les besoins de sécurité : boire, manger, dormir, se vêtir, former une famille.

Une formation à un métier

manuel ou intellectuel, afin de trouver une place comme citoyen responsable, actif, critique et solidaire.

Une Eglise

qui incarne la dimension du sens. Le jeune « fils de Dieu » connaît sa dignité, n’accepte plus et ne fait plus n’importe quoi.

Tout ce qui peut créer ce milieu éducatif est convoqué : musique, théâtre, sport, jeu, danse, réflexion, éducation au silence, culture. Et tout cela est animé par des éducateurs qui font équipe avec les jeunes. La pédagogie de Don Bosco croit en l’éducation des jeunes, elle les aime et apprécie ce qu’ils aiment. Elle est préventive parce qu’elle crée l’espérance à travers des projets mobilisateurs qui invitent à grandir.

Un cœur joyeux éclaire le visage, mais, quand le cœur est triste, l'esprit est déprimé.

Proverbes 15, 13 et 17, 22

Le système préventiF De Don Bosco

Don Bosco compare deux systèmes d’éducation : Le système répressif et le système préventif.   

Le système répressif  « s’emploie à éduquer l’homme par la force, en le réprimant et en le punissant quand il a violé la loi, quand il a commis un délit ». Le système préventif  « cherche à éduquer par la douceur. » Pour y parvenir, il l’aide suavement à observer cette loi et lui fournit les moyens les plus appropriés et les plus efficaces. La prévention est assurée par la présence permanente et amicale de l’éducateur, appelé assistant, il guide et conseille, mais redresse les écarts par une réprimande faite avec bonté.

Au Valdocco, cela était possible, car les éducateurs vivaient de façon permanente au milieu des enfants, dans une relation amicale ; un ami qui est présent pour aider, soutenir, faire plaisir, rendre heureux. C’est une pédagogie de la réussite.

Le cœur de cette approche pédagogique est un système à trois éléments : raison – religion – affection. Chaque élément est en rapport avec les deux autres, et contribue à les éclairer et les rectifier en cas de besoin.

La raison

Le jeune est capable de prendre part de façon réfléchie à son éducation. Il peut expliquer les raisons de son comportement. Alors on peut discuter, négocier, dialoguer avec lui sur les enjeux de son avenir.

La religion

Le jeune est porteur de questions essentielles sur le sens de sa vie. Tout jeune est capable d’une ouverture métaphysique. Le message chrétien propose un chemin qui transcende les échecs personnels. Toute l’attitude pédagogique de Don Bosco s’enracine dans sa foi. Cette foi se célèbre à travers les rites essentiels du sacrement de pénitence et de l’eucharistie. Ce qui invite le jeune à se conduire dans la vie quotidienne selon une éthique conforme à celle de l’Evangile.

L’affection

Don Bosco prône une proximité de l’éducateur, présent dans l’expérience de vie du jeune. Ainsi ses conseils sont plus adaptés et mieux reçus. Que le jeune se sente aimé, ce qui demande proximité et saine distance.Pour Jean Bosco, l’adulte, face au jeune, n’est pas un supérieur, mais un guide, à la manière de Jésus, le Bon Pasteur de l’évangile. Selon Don Bosco, l’équipe éducative doit être animée par une sorte « d’esprit de famille », ce qui rend la communauté éducative signifiante pour le jeune, spécialement quand celui-ci a été blessé par la vie.

Éduquer, c’est tout d’abord croire (foi) en ce jeune que l’on a en face de soi : « Je crois en toi, tu es capable de grandir, je suis prêt à te faire confiance. » Éduquer c’est aussi espérer (espérance) avec le jeune. Qu’on peut construire ensemble un monde plus juste et fraternel.

Enfin, éduquer, c’est aimer (charité) les jeunes tels qu’ils sont, et non tels qu’on voudrait qu’il soient, pour les aider à bâtir leur propre avenir.

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